Rencontre avec Daniel Abittan, PDG de Châteauform’

Grand Optical c’est lui et c’est là qu’il rencontre et se lie d’amitié avec Jacques Horovitz avec lequel il créé Châteauform’ il y a 20 ans. Après le décès de Jacques Horovitz, il prend la direction de l’entreprise pour lui donner un second souffle. Humaniste, innovant, voire décapant, ce dirigeant ne fait rien comme les autres, à 65 ans !

 

Qu’est-ce qui reste, qu’est-ce qui change ?
L’ADN reste le même mais les changements sont significatifs. L’ambition, c’est la croissance. Nous avons mis 20 ans pour en arriver là. On doit doubler de taille dans les cinq prochaines années. Une entreprise qui ne se développe pas meurt à petit feu. C’est comme un vélo : s’il s’arrête, il tombe. Sans croissance, une entreprise ne peut pas attirer de nouveaux talents et laisser de la place aux légitimes ambitions internes. Une entreprise qui stagne se sclérose et décourage les ambitions individuelles et collective. A l’inverse, une entreprise qui se développe attire des jeunes talents, ce qui anime la créativité avec les collaborateurs ayant davantage d’atouts en terme d’expérience. La croissance passe par le développement de nouveaux produits, de nouvelles marques et par un cap fort mis à l’international.

Le changement, c’est donc d’abord un état d’esprit ?
Le changement est dans nos têtes et dans nos gênes. Nous sommes en permanence inspirés par les tendances de notre société, comme le coworking par exemple. Dans nos maisons, on favorise l’autonomie et la responsabilité individuelle. Les couples qui gèrent les maisons à trois avec le chef cuisinier sont libres. La règle c’est qu’il n’y a pas de règles. Les directeurs intermédiaires ne servent à rien à part casser les pieds de leurs collaborateurs. Donc l’organisation est ultra horizontale. On gère par les valeurs. Il n’y a pas de fonctions mais des missions. On fait la révolution culturelle permanente pour être la première entreprise libérée de France ! La valeur ajoutée ne m’intéresse pas. Chez Chateauform’, ce qui compte c’est la chaleur ajoutée. Les collaborateurs heureux font les clients heureux, pas l’inverse. Et si les deux sont heureux, les actionnaires sont heureux aussi. Un signe qui ne trompe pas : nos clients sont très fidèles. Sur les cinq dernières années, 100 % de nos clients sont revenus faire un séminaire dans l’une de nos maisons.

Le développement international est-il une priorité ?
Aujourd’hui, 70 % de notre chiffre d’affaires vient de l’Ile-deFrance. Notre objectif est simple : il faut développer l’offre pour créer des « Ile-de-France » en Allemagne et autour des grandes capitales européennes. Nous avons trois maisons en Allemagne, nous allons en ouvrir deux autres en 2016 à proximité de Dusseldorf. Nous avons identifié sept bassins de clientèles en Allemagne et nous comptons ouvrir quatre maisons dans chaque bassin. Il faut se développer rapidement car le marché est là.
Quels sont les ambitions de la nouvelle marque Châteauform’ College ? Châteauform’ doit se développer et élargir sa base de clientèle. Le marché du séminaire est relativement réduit. Celui de la formation est nettement plus important. Il pèse environ deux milliards d’euros. Pour s’implanter sur ce marché, nous devons faire évoluer notre produit afin de proposer des tarifs plus bas. La location de salle se propose autour de 70 à 80 euros par jour et par personne. A nous d’être plus compétitifs et de décliner notre concept pour séduire cette clientèle. Nous ouvrirons deux sites à Issy les Moulineaux et Saint Ouen fin 2016 afin de tester grandeur nature cette nouvelle offre.

Et Châteauform’ Home ?
Notre savoir faire peut s’exprimer dans des lieux qui ne sont pas les nôtres. Les entreprises qui disposent d’espaces dont elles ne savent pas bien quoi faire font appel à nous pour aménager leurs lieux de vie. Ces entreprises ont besoin de rajeunir leur image, créer de la convivialité et faire en sorte que leurs collaborateurs s’y sentent bien. En clair : « comme à la maison ». On apporte notre style décoratif, une ambiance particulière liée à notre concept et une offre de restauration. Nous avons signé un premier contrat avec une grande entreprise. D’autres suivront.

Quels sont les changements attendus au niveau de la restauration ?
La restauration, notamment dans le cadre de notre concept tout inclus, a été l’un des points forts de notre concept et une des clés de notre succès. On restera sur nos fondamentaux, tout en ayant une politique d’approvisionnement plus locale. Nous ne faisons pas d’achats centralisés ; chaque maison s’approvisionne localement avec des produits du terroir. Il faut faire travailler les artisanats locaux, même si le prix est un peu plus élevé. La diminution de notre empreinte carbone est une priorité. De même que proposer du frais, privilégier les légumes, oser les repas végétariens. C’est aussi une question de santé publique, on doit privilégier ce qui apporte du bien être et respecte l’environnement. Nous devons apporter notre pierre à cet objectif citoyen.

L’événementiel est-il un axe de développement ?
Nous sommes spécialisés sur les séminaires, c’est notre cœur de métier. Pour développer l’événementiel, nous allons devoir faire évoluer notre façon de travailler et mieux comprendre les besoins des agences. Nous avons mis en place une équipe dédiée qui peut dialoguer avec les agences et leur proposer des offres et le service qu’elles attendent pour réussir leurs événements dans nos maisons.

 

CHIFFRES CLÉS 2015
Création en 1996
45 maisons dans 7 pays
6 marques (les maisons du séminaire, City, Campus, les maisons de Katy et Jacques) dont deux nouvelles (Châteauform’ Home, Châteauform’ College).
128 M€ de CA
1350 salariés
750 salles de réunion
250 000 participants accueillis
3000 entreprises clientes

LES NOUVELLES MAISONS 
Palais Abbatial de Royaumont (Val d’Oise), mars 2016
Campus Saint Just près de Roissy
Le Domaine de Chateauneuf (Provence)
Châteauform’ City en Allemagne

 

Source